Construit dans les années 30 pour réguler le débit du canal de Miribel et l’orienter vers l’usine hydroélectrique de Cusset, le barrage de Jons avait totalement bloqué la circulation des poissons. Une passe à poissons a été aménagée en 2013 et équipée d’un système original de vidéocomptage. Cinq ans après le bilan est ultra positif.

Imaginez une autoroute à poissons et vous y êtes presque. Pour preuve en 2017, ce sont 370 000 poissons,  parmi lesquels des espèces rares comme l’ombre commun ou la truite, qui ont emprunté cette passe à poissons pour remonter vers des zones plus fraîches. Une biomasse estimée à 20 tonnes et constituée principalement de grands migrateurs, auparavant bloqués par une chute de plus de 6 mètres de haut.

La passe aménagée est un ouvrage de grande ampleur : 300 mètres de long constitué de petites chutes de 20 cm maximum pour permettre à un maximum d’espèces de l’emprunter. Fait rare, elle est équipée à son extrémité d’un passage étroit, d’un système de vidéocomptage et d’une vitre permettant de voir les poissons, comme dans un aquarium. Seuls deux autres barrages de beaucoup plus grande ampleur dispose de cet équipement sur le Rhône.

A chaque passage d’un ou plusieurs poissons une prise de vue se déclenche automatiquement. La fédération de pêche du Rhône récupère ces clichés et effectue ensuite les comptages. Un travail fastidieux car les logiciels, qui savent reconnaître les différentes espèces ne savent pourtant pas décrypter un banc de poissons.

Mais les résultats sont là et très satisfaisants, cette passe a permis de restaurer une fonctionnalité majeure de circulations des poissons à l’échelle du Rhône et de disposer d’un outil de suivi riche en enseignements. Car les espèces qui empruntent cette passe, dont certaines n’étaient pas référencées par les inventaires réalisés sur le secteur, apportent des indices positifs sur la qualité du milieu aquatique !