Grenouilles, libellules, plantes aquatiques… Un an après sa remise en eau, la lône de Jonage est redevenue un lieu de vie foisonnant. La nature a saisi l’opportunité offerte par le retour de l’eau pour recoloniser rapidement ce bras du Rhône longtemps asséché.

Une mosaïque de milieux recréés

L’expérimentation menée depuis octobre 2024 a permis de redonner forme à un véritable paysage alluvial miniature, où cohabitent une grande variété d’habitats aquatiques et rivulaires.
Sur 1,6 km de long, la lône alterne entre :

  • des zones d’eaux courantes, où ’eau s’écoule doucement  favorisant la présence de poissons et d’invertébrés ;
  • des secteurs d’eaux stagnantes plus ou moins profonds, jusqu’à 2 mètres, où se développent des nombreux herbiers aquatiques ;
  • des berges en pente douce, rapidement colonisées par la végétation spontanée, et d’autres plus abruptes, où le bois mort joue un rôle essentiel pour la microfaune;
  • des clairières lumineuses alternant avec des zones ombragées sous le couvert forestier, offrant une mosaïque thermique et lumineuse bénéfique à de nombreuses espèces ;
  • et surtout, les premières roselières qui se forment déjà sur les berges calmes — véritables refuges pour les oiseaux et les amphibiens.

Cette diversité d’habitats recrée les conditions d’un bras du Rhône vivant et fonctionnel.

Un bilan écologique remarquable

Le bilan écologique est impressionnant pour une première année :

  • 15 espèces végétales aquatiques identifiées, dont l’Œnanthe de Lachenal, rare dans la région lyonnaise,
  • l’arrivée des premières espèces d’amphibiens, comme la grenouille agile et la grenouille verte,
  • 20 espèces de libellules et demoiselles, indicatrices de la qualité du milieu,
  • 20 espèces de poissons, parmi lesquelles barbeaux, goujons ou spirlins. Dès le début de l’expérimentation,
    des crépines ont été installées sur la prise d’eau afin de limiter l’entrée massive de poissons de grande taille en provenance du canal de Jonage.

Les différents milieux qui se sont créés au fil de la lône restent encore au stade pionnier, au fil du temps d’autres espèces végétales et animales vont s’installer, justifiant la poursuite des suivis pour mesurer dans le temps l’évolution de ces milieux et l’intensification de la biodiversité.

L’expérimentation a fortement mobilisé des bénévoles d’associations, notamment Les Naturalistes Rhodaniens et la LPO qui ont conduit des inventaires (papillons de nuit et oiseaux), tandis que plus de 400 visiteurs ont découvert le site lors de visites guidées et maraudes sur le site. Pour faire connaître et partager ce projet au plus grand nombre une exposition itinérante se déploie sur différents sites (la bibliothèque de Jonage, L’îloz’, le siège de l’Agence de l’eau, Le Rize à Villeurbanne…).
La lône de Jonage est ainsi devenue un lieu de rencontre entre science, nature et grand public.

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