Après plusieurs décennies d’assèchement, la lône de Jonage a retrouvé l’eau du Rhône. Depuis octobre 2024, ce bras  déconnecté du fleuve coule à nouveau, grâce à une expérimentation menée par le Symalim et ses partenaires. Un an plus tard, l’heure est au bilan : la renaissance est bel et bien enclenchée.

L’idée de redonner vie à cette lône remonte aux années 1990. Le projet a pris forme en 2012, avec l’élaboration d’un programme partenarial de restauration du Rhône à Miribel-Jonage. Une première mise en eau avait été testée en 2019-2020, mais suspendue en raison de questionnements sur la nappe d’eau souterraine et le captage d’eau potable qui alimente des milliers d’habitants. Cette première expérience a permis d’affiner les connaissances et de préparer une seconde tentative plus maîtrisée.

Lors de la remise en eau lancée en octobre 2024, plusieurs débits ont été testés afin d’identifier la meilleure configuration. Ces ajustements progressifs ont permis d’évaluer la réaction du milieu et l’incidence suur la nappe alluviale. Une gamme de débit variant de 20 à 130 litres par seconde a pu être précisée pour faire  vivre le projet : des débits suffisants pour recréer un petit cours d’eau rejoignant un plan d’eau en aval, sans impacter le captage d’eau potable.

Cette remise en eau constitue un véritable « laboratoire à ciel ouvert ». Les scientifiques observent notamment le colmatage du lit, lié à l’accumulation de sédiments et de matière organique. Cette  dynamique connue dans les systèmes alluviaux de ce type, réduit localement la capacité d’infiltration de l’eau vers la nappe et modifie les conditions de mise en eau. Le suivi de la lône offre un terrain d’observation précieux pour mieux comprendre le fonctionnement des lônes et ajuster leurs gestions.

En un an, les suivis scientifiques ont confirmé que la mise en eau peut être maîtrisée et sans risque pour l’alimentation en eau potable. La renaissance de la lône de Jonage illustre ainsi une démarche exemplaire qui concilie restauration écologique, sécurité de la ressource en eau et rigueur scientifique.

Le débit actuellement  calé à 35L/s garantit que la mise en eau
de la lône ne s’accompagne pas d’un appel des eaux infiltrées
vers le captage des Vernes, situé à proximité.

Les données recueillies démontrent que le niveau d’eau injecté dans la lône de Jonage
ne modifie pas le sens d’écoulement de la nappe.

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