Mathilde LEVEAU

Née en 1988, Mathilde Leveau arrive au Québec en 2010. Elle est à cette époque titulaire d’un baccalauréat en arts plastiques et littérature ainsi que d’un brevet de technicien supérieur en design d’espace (ENSAAMA Olivier de Serres, Paris). Elle obtient un DEC en métiers d’arts spécialisation sculpture (maison des métiers d’art de Québec).

Elle vit et travaille à Québec. Sa pratique se déploie librement entre la France et le Canada. Elle a effectué plusieurs résidences (L’Œil de Poisson, Québec, QC ; ZoProd, Poitiers, France ; le Centre d’arts Rozynski, Way’s Mills, QC). Elle a participé à l’événement Horizons (Massif du Sancy, France), réalisant une vaste installation in situ, ainsi qu’à la Biennale de sculpture de Saint-Jean-Port-Joli (Québec, Canada) en juillet 2018. Elle est récipiendaire de deux bourses de la Ville de Québec en 2017 et 2018.

Sa démarche

Au croisement de la sculpture et de l’installation, le travail de Mathilde Leveau se construit autour des notions de temporalité et de mémoire.

La fragilité des matières utilisées est sciemment mise en exergue : l’acier rouille, la terre crue se fissure et tombe en poussière. Chaque pièce est le fruit d’une longue expérimentation de la matière, d’essais, de pistes délaissées, de projets avortés. Fascinée par ces matières vivantes et instables, son travail est la résultante d’une rencontre avec l’acier et avec l’argile. Leur éphémérité et leur poésie sont mises à jour.

Les pièces créées entretiennent un rapport étroit avec le lieu qu’elles habitent. Avec les créations in situ, les œuvres appartiennent à un lieu, mais aussi un temps donné : les installations se mêlent au lieu pour vieillir avec lui. Explorant les effets du temps qui passe, Mathilde Leveau interroge notre rapport aux souvenirs ; et cela tant à travers nos mémoires individuelles que collectives.

Réalisation d’une oeuvre pour L’îloz’ : Digues (jours marqués d’une pierre blanche)

L’oeuvre raconte un lieu, son histoire et ses dynamiques. L’installation est cette occasion de parler d’un territoire dont les hommes et le fleuve se disputent la possession depuis plus de 150 ans ; d’une histoire d’amour et de désamour entre l’homme et les eaux, qui reprennent tour à tour le pouvoir l’un sur l’autre.

Digues ( jours marqués d’une pierre blanche) ravive la mémoire du lieu. La sensation de temporalité est induite par l’acier oxydé et l’apparition progressive de la végétation. L’installation est un lieu déclencheur de contemplation voire de méditation sur les dynamiques qui régissent le territoire.