La Métropole de Lyon, compétente en matière d’eau potable et partenaire du programme de restauration du Rhône, a conduit fin 2016 un chantier de protection des champs captants de Crépieux-Charmy. Rencontre avec Valéry Denoyelle, chargé du projet.

Tout le monde ne le sait pas, mais l’eau des grands lyonnais provient du captage d’eau potable de Crépieux-Charmy constitué par les deux îles formées par les canaux de Miribel et de Jonage ainsi que par le Vieux Rhône. Avec 375 ha, ce champ captant est l’un des plus vastes d’Europe.
Depuis quelques années, les services de la Métropole constatent l’engravement de la brèche de Neyron ; les graviers charriés par le Rhône se stockent ici provoquant non seulement des dégâts sur les berges, en raison d’une vitesse accrue des eaux, mais aussi des risques pour la ressource en eau. En effet, les galets stockés à cet endroit empêchent la nappe souterraine de se recharger avec les eaux de surface et provoquent son abaissement, ce qui met en péril l’alimentation en eau. Après avoir réalisé en 2012 des travaux d’urgence pour conforter les berges avec des enrochements, l’opportunité d’une action plus globale dans le cadre du programme de restauration du Rhône à Miribel-Jonage a été saisie par la Métropole de Lyon.

140 000 m2 de galets enlevés

L’opération débutée en septembre 2015 pour une durée de 6 mois, afin d’éviter de mordre sur la période de frai des brochets, a consisté d’abord à renforcer les berges par un rideau de plaplanches, puis à enlever les galets stockés dans le lit du fleuve. « Sur les 140 000 m2 à extraire, 95 000 m2 ont été réemployés sur place pour créer des milieux humides dans le chenal écrêteur, le reste a été évacué par camions. » explique Valery Denoyelle Compensation environnementale des travaux, ce chenal, situé à proximité a été aménagé avec des îles, des hauts fonds et des bas fonds. Cet aménagement s’est terminé fin 2016, avec des plantations de saules. Sur le secteur Est de ce chenal, les bancs de graviers ont servi à réaliser des plages de galets propices à l’accueil du petit gravellot, oiseau qui affectionne particulièrement les berges sablonneuses et caillouteuses des rivières.

Innovation technique

Ces travaux ont été l’occasion, pour les services de la Métropole de réaliser une innovation technique à la fois simple et maligne. Sur ce secteur, une station d’alerte pompe en continu l’eau du fleuve, pour en vérifier la qualité. Soumise aux mouvements du fleuve, aux embâcles, elle était souvent détériorée. L’idée a donc germé de lui créer un bras mobile, qui la rende moins fragile et évite son altération. « Nous avons dessiné le principe, fait fabriqué le bras mobile et testé le dispositif. Et ça marche ! » raconte non sans fierté Valéry Denoyelle.

Des travaux à poursuivre

Menés sous haute surveillance environnementale, ces travaux ne sont néanmoins pas les derniers. En effet comme le souligne Valéry Denoyelle « les études ont montré que l’engravement va continuer, et nécessite d’extraire environ 40 000 m3 tous les deux ans pour protéger l’alimentation en eau de la nappe, sauf à réaliser des aménagements beaucoup plus lourds sur tout le canal de Miribel. Les graviers proviennent de la rivière d’Ain et la morphologie actuelle du canal favorise leur transport rapide et leur stockage à l’aval. » En attendant une intervention plus globale sur tout le canal, il faut gérer la brèche de Neyron, un peu comme le tonneau des Danaîdes, avec constance et patience !

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