Remettre en eau la lône grâce à une prise d’eau sur le canal de Jonage, c’est facile. Mais savoir quel débit prélever, selon les saisons et la perméabilité des terrains, l’est moins. C’est pourquoi, dès le printemps, une expérimentation grandeur nature se met en place. A suivre.

« Toutes les études que nous avons réalisées pour caler le projet de restauration de la lône nous montrent que la seule manière de caler les débits nécessaires à une remise en eau permanente est de mener des tests en réel. Dès que les travaux seront terminés, nous aurons 6 mois, pour conduire ces essais » explique Catherine Petit, coordonnatrice du programme de restauration du Rhône au Grand Parc. En effet, les modélisations ont montré que la remontée de la nappe pourrait être de 0,5 à 3 m dans l’environnement immédiat de la lône. Les effets de la remise en eau de la lône sont en fait conditionnés par plusieurs facteurs : le pouvoir infiltrant des terrains, la différence de charge entre le fil d’eau de la lône et l’altitude de la nappe. C’est pourquoi, rien ne vaut une expérimentation en grandeur réelle pour tester l’impact de différents débits prélevés sur les conditions d’écoulement dans la lône et donc son potentiel écologique futur.

Le suivi quantitatif et qualitatif de l’eau superficielle et souterraine permettra également de visualiser les modifications éventuelles du comportement de la nappe alluviale exploitée notamment pour la production d’eau potable. C’est sur la période du printemps et de l’été que les mesures seront réalisées, lorsque les conditions hydrauliques sont les plus critiques. Et au terme des 6 mois, les partenaires de la restauration du fleuve, décideront sur ces bases des conditions techniques nécessaires pour une remise en eau permanente de la lône et engageront un suivi à moyen terme.